Religion foot: du gallodrome au Vélodrome

Août 2005, un titre fait la une des grands journaux français: «LE SAUVEUR».
Parle-t-on de Jésus fils de Marie? Parle-t-on de l’arrivée du Mahdi, venu mettre un terme à ce monde moderne dégénéré, appelé par d’autres le Kali Yuga? Sûrement pas. Il s’agit d’un homme des plus communs : Zidane. Point de Nabi Issa! (AW) Le Messie n’est pas de retour sur terre pour rétablir l’ordre, la paix et la justice. Juste Zidane, ou “Zizou”, pour les intimes, qui revient en équipe de France de foot.

Il n’est pas question ici de faire une critique du football, en tant que jeu ludique, agréable au demeurant, que l’on pratique entres amis, soit pour les valeurs du sport, l’amusement ou les bienfaits de l’exercice physique, plutôt, il est question ici du Foot-Business où se côtoie : argent sale, corruption, magouilles politiques, matchs truqués, triches théâtralisées, intérêts égoïstes, prostitution, détournement de mineure et drogue. Un business qui rassemble des millions de fans derrière leurs écrans, dans les bars où l’alcool coule à flot et dans des stades hors de prix.

Maintenant que le décors est planté, parlons donc de cette industrie où des fonds d’investissements achètent et vendent, des humains comme de vulgaires bestiaux destinés au gallodrome. Pendant que les supporters, délestés de leurs maigres économies, clament “​ on a gagné, on a gagné!” ces fond d’investissement eux financent les deux équipes adverses et gagnent sur les deux tableaux. A l’instar des banquiers qui financent les deux belligérants pendant la guerre. Ne dit-on pas que le casino ne perd jamais? Dans ce monde moderne, décidément plein de contradictions, qui nous inflige ​ ad nauseam​ son antiracisme et sa repentance perpétuelle, personne ne s’étonne que l’on puisse mettre en vente et acheter un noir (Mbappé en l’occurrence) à quelques centaines de millions d’euros!

Plus encore que le fameux “​ panem et cicensens”​ de l’époque antique qui maintenait la plèbe dans un état docile, le Football Business est une véritable religion dégénérée des temps modernes.

Il n’y a pas de pays au monde épargné par ce fléau. Les pays de la péninsule arabique auto-proclamé garants de l’Islam ne sont pas en reste puisqu’ils financent à grand coup de pétro-dollars cette industrie footeuse-mafieuse.


C’est un grand spectacle de masse avec ses rites avant, pendant et après les matchs, ses messes du week-end, ses stades élevés au rang de “Temples”, ses prêtres-arbitres animant les jeux comme on dirige une messe, ses entraîneurs, des gourous régnant sur leur secte et bien sûr, ses adorateurs: des supporters miséreux venus acclamer des millionnaires en short, courir derrière une balle de cuir rempli d’air. L’image suffit pour dégonfler cette supercherie! Quand au but ultime de toute cette agitation, rien d’autre que le profit. Le joueur est un produit financier rentable comme un autre, et le supporter, la vache à lait sans qui rien de tout cela ne serait possible.

Comme toute religion a ses fanatisés, le foot a aussi les siens. Des prolétaires se livrant à de véritables guerres inter-équipes en bons ​ Fans, ​diminutif de ​ fanatiques​. Vainqueurs ou vaincus, peu importe! Tel une nuée de sauterelles nuisibles, ils détruisent tout sur leur passage. Preuve que cette comédie fonctionne à merveille puisque ces mêmes supporters ne montreraient jamais autant d’ardeur à se lever contre l’oppression et les injustices qu’ils subissent au quotidien par des gouvernements injustes.

Parfois, pour célébrer un but on assiste même à des transes vulgaires, comme possédés par quelques esprits diaboliques, qui les poussent à se jeter, les uns sur les autres, dévêtus, sans aucune pudeur. Pire, certains sont même appelés: idoles, voire carrément: “Dieux”… La religion foot s’est imposée dans les pays de la modernité triomphante, mais plus choquant encore s’est imposé dans les pays musulmans, où l’Islam est censé être la seule et unique religion.