Couvre-feu ramadanesque: colère chez les professionnels, de plus en plus précaires…

C’est officiel. Le gouvernement a annoncé ce 7 avril la mise en place d’un couvre-feu nocturne durant le mois de ramadan, à partir de 20h. Une décision qui risque de provoquer l’ire des professionnels de la restauration et des cafés, déjà sous pression…

Les propriétaires, les gérants et les ouvriers du secteur de la restauration et des cafés n’arrivent plus à dissimuler leur désarroi face au climat d’incertitude qui semble s’installer sur le long terme. La plupart d’entre eux rencontrent toutes les difficultés du monde à joindre les deux bouts et leurs espoirs d’un plan de relance se sont évaporés depuis la reprise de l’activité, en juillet dernier, au terme de près de trois mois drastiques de confinement.

En début de semaine déjà, l’association professionnelle fédérant le secteur a annoncé une grève à l’échelle nationale contre les mesures prises les concernant, notamment l’utilisation de 50% de l’espace, et l’interdiction de diffusion du contenu sportif. Ils dénoncent également une baisse de la charge fiscale au vu de la conjoncture ainsi qu’un texte de loi structurant le champs d’activité. 

En préparation de ces mesures, le CVE a décidé de prolonger plusieurs mesures d’appui en leur faveur jusqu’au 30 juin 2021. Il s’agit des indemnités, des allocations familiales et de l’AMO au profit des salariés relevant du secteur du tourisme, de la restauration, des activités des traiteurs et prestataires événementiels, des parcs d’attraction et de jeux, des crèches, des salles de sport privées, au même titre que le secteur de la presse et des industries culturelles et créatives. 

Dans le contexte de la crise sanitaire, l’incidence de la pauvreté s’est multipliée par près de 7 à l’échelle nationale, passant de 1,7% avant cette crise à 11,7% au temps du confinement, de 5 fois en milieu rural, passant respectivement de 3,9% à 19,8%, et de 14 fois en milieu urbain, respectivement de 0,5% à 7,1%. De même, le taux de vulnérabilité a plus que doublé, passant de 7,3% avant le confinement à 16,7% pendant le confinement. Par milieu de résidence, ces proportions sont respectivement de 4,5% et 14,6% en milieu urbain et de 11,9 % et 20,2% en milieu rural.