Edito n°5: les minorités sexuelles, au delà de l’hystérie

Formé dans les laboratoires idéologiques d’extrême gauche aux USA et en Europe, le discours victimaire intersectionnel LGBT est en train de voir le jour au Maroc, au mépris de toute spécificité culturelle. Minoritaire certes, ce microcosme fait pourtant preuve d’une hystérie collective et oppose à toute argumentation, aussi bienveillante qu’elle puisse être, les tasers intellectuels tels que l’accusation d’homophobie. 

Si la postmodernité nous impose des débats et des combats de seconde zone, le réflexe épidermique serait celui d’écarter ces sujets d’un revers de la main. Après tout, il s’agit là d’une thématique qui concerne un microcosme urbain, c’est la minorité dans la minorité. Néanmoins, il serait naïf de croire que les promoteurs du LGBTisme au Maroc se limitent à des petites officines proto-bourgeoises. Il s’agit là d’une stratégie pilotée par l’Open Society et qui trouve au Maroc un terrain fertile pour se déployer, au vu du candaulisme intellectuel d’une partie de la jeunesse dite éduquée. 

L’homosexualité n’est ni une norme, ni une identité politique 

Alors qu’elle existe effectivement depuis l’aube de l’humanité, l’homosexualité n’a jamais été considérée, ni par les société primitives, ni les sociétés agraires de l’antiquité, ni par les sociétés traditionnelles du Moyen-Age, et encore moins par la modernité pure du XVIIIe et XIXe siècle (celle qui s’est basée sur la raison biologiste pour évacuer le religieux du champs intellectuel), comme une norme sexuelle équivalente à l’hétérosexualité. Pour la simple et bonne raison que dans ces sociétés, l’impératif de survie était trop présent pour dévaluer une sexualité reproductive et la comparer à une sexualité ludique (oui, l’amour, tout ça, tout ça… Mais même avec beaucoup d’amour…). Bien que pratiquée, elle restait à la marge et ne constituait même pas une identité sexuelle à part entière puisqu’elle n’empêchait pas ceux qui en étaient accablés de se reproduire. 

Arrivent alors les sociétés occidentales post-1945. Boostées par les trentes glorieuses, une pacification inédite dans leur histoire, ainsi que par un mouvement intellectuel ayant déserté le champs du sérieux (rapports de classe) pour investir celui du frivole (la défense des minorités), ces sociétés ont pu s’offrir le luxe de saper les fondements qui ont permis leur existence et leur résilience. La postmodernité foucaldienne a ainsi réussi à convaincre de la nécessité de s’attaquer aux valeurs traditionnelles, à la masculinité et à ériger les minorités, dont l’homosexuel, comme figure de proue du nouveau speciacle politico-médatique. Une évolution favorisée par les mercenaires du Capital qui, en détruisant les socles traditionnels (autorité, hétérosexualité, identité), a créé un nouveau champ d’expansion économique en créant des individus seuls, isolés, angoissés et donc malléables à souhait. 

Depuis que la gauche européenne cette stratégie de désertion du terrain social, l’on a assisté à une transformation lente mais inéluctable de l’engagement politique. Alors que le champ politique reste celui des rapports de classe, la dilution des mouvements sociaux dans des identités chimériques (femmes, jeunes, homosexuels…) a permis de saboter totalement toute possibilité d’un réel combat de classe vertical, en favorisant les luttes horizontales des minorités contre la majorité, qui subit tout autant la violence quotidienne du capitalisme. 

Quid du Maroc ? 

Il est vrai que le contexte juridique au Maroc ne contribue pas à un débat serein sur la question. Il est en effet moralement inacceptable d’emprisonner une personne pour ses pratiques sexuelles, aussi ces infractions pénales, instaurées rappelons-le durant la séquence coloniale, maintiennent les concernés dans une posture de faux-martyrs qui deviennent hystériques à chaque critique de leur démarche. 

Toute réforme juridique de ce type doit accompagner un mouvement anthropologique. Et un éventuel débat sur cette question ne doit pas être phagocyté par une minorité agissante, à la solde des oligarques mondialistes obsédés par la société ouverte, qui veut jouir de safe spaces, de visibilité à outrance, de représentation médiatique illégitime…etc. 

Le seul moyen d’avoir un débat apaisé, et de garantir l’intégrité physique et l’équilibre émotionnel de cette minorité, c’est de partir du vécu historique et philosophique du Maroc et des Marocains.