L’économie continue de panser ses plaies du covid-19, redressement de 12,6%

*L’économie nationale se serait consolidée de 12,6% au deuxième trimestre 2021, au lieu de +1%un trimestre plus tôt, portée par un rebond de 11,7% de la valeur ajoutée hors agriculture et un accroissement de 19,3% de celle de l’agriculture. Compte tenu d’une hausse de 19,1% de la valeur ajoutée agricole et d’un accroissement de 5,4% des secteurs hors agriculture, l’activité économique progresserait de 7,2% au troisième trimestre 2021, au lieu d’une contraction de -6,7% au même trimestre de l’année précédente.

Au deuxième trimestre 2021, la reprise de l’activité mondiale se serait poursuivie, avec l’allégement des mesures de restrictions sanitaires, l’avancée des campagnes de vaccination et la réouverture progressive des commerces « non essentiels » et des lieux récréatifs et de restauration. Les échanges mondiaux de marchandises auraient continué à se redresser, dépassant leur niveau pré-pandémie. Cette évolution aurait été sous-tendue par le renforcement de la demande de biens d’équipements divers, de matériel informatique et électronique, de produits de divertissement et loisirs et de biens durables. La demande étrangère adressée au Maroc pour les biens aurait suivi la même trajectoire avec une hausse de 20,6% en variation annuelle, profitant d’un effet de rattrapage après la chute de 13,6% enregistrée à la même période un an auparavant. 

Sur le marché mondial des matières premières, les prix auraient poursuivi leur tendance haussière pour le troisième trimestre successif, portés par le raffermissement de l’activité économique. Les prix mondiaux énergétiques auraient plus que doublé entre le deuxième trimestre 2020 et celui de 2021, alimentés par de ceux du Brent dont le cours aurait atteint 68,6 $/baril en moyenne. La hausse de 68% des cours des minerais métalliques (fer, aluminium, cuivre) et celle de 32% des prix des produits agricoles (céréales, huiles, café, sucre) auraient été tirées par l’accroissement de la demande des économies avancées et émergentes. Dans ce contexte de poussées inflationnistes dues à un déséquilibre entre l’offre qui peine à suivre la demande pour les matières premières et les produits semi-finis, le taux d’inflation aurait atteint, en moyenne au deuxième trimestre 2021, +1,8% en zone euro et +4,6% aux Etats-Unis, au lieu de +0,2% et +0,5% respectivement, à la même période un an auparavant.

Au niveau national, les exportations des biens et services, en volume, se seraient redressées de 31% en variation annuelle, au deuxième trimestre 2021, après la chute de 32,3% enregistrée au même trimestre un an auparavant. Profitant de la reprise de la demande extérieure et d’un effet-prix à l’export haussier, les exportations des biens auraient été portées par l’amélioration des ventes extérieures de l’automobile dans ses segments construction et câblage (voitures de tourisme), de celles des industries électriques et électroniques, de l’agriculture, l’agro-alimentaire et de la pêche (crustacés et poissons frais, fruits frais, conserves de légumes). Les exportations de l’aéronautique auraient, pour leur part, montré quelques signaux de reprise, après quatre trimestres de baisses successives. L’accroissement des ventes extérieures en valeur de l’industrie chimique aurait, pour sa part, résulté de l’augmentation des prix à l’export des dérivés du phosphate, en ligne avec le renchérissement des cours mondiaux des engrais.

Les importations de biens et services, en volume, se seraient, pour leur part, redressées de 26% au deuxième trimestre 2021, après cinq trimestres successifs de baisse, sans toutefois atteindre le niveau d’avant pandémie. Ce regain de dynamisme incombe à la reprise de la demande intérieure combinée à un effet de rattrapage, après la baisse de 25,7% enregistrée au même trimestre de 2020. En valeur, les importations de biens auraient, en plus, subi un renchérissement des prix à l’import, en particulier ceux des matières premières. La facture énergétique aurait plus que doublé, alimentée par la hausse des importations des gasoils et fuels, du gaz de pétrole et autres hydrocarbures dont les prix moyens à l’import auraient augmenté de plus de 65%. 

En revanche, celle des produits alimentaires se serait allégée, sous-tendue par le recul des achats de blé, des tourteaux et du sucre. Hors énergie et alimentation, la hausse des importations de biens aurait été attribuable à la reprise des achats des biens de consommation (voitures de tourisme et leurs pièces détachées, tissus et fils de coton, étoffes de bonneterie, vêtements confectionnés), des demi-produits (matières plastiques, produits chimiques, demi-produits en fer ou en acier), des biens d’équipement industriel (voitures utilitaires, appareils pour la coupure ou la connexion des circuits électriques et résistances, appareils électriques pour la téléphonie, moteurs à pistons et autres moteurs, fils et câbles électriques) et des produits bruts (ferraille, cuivre, fonte, fer, acier et autres minerais). 

Sensible augmentation de la demande intérieure 

La demande intérieure aurait poursuivi son redressement pour le deuxième trimestre successif, après avoir régressé au cours de l’année 2020. La consommation des ménages se serait affermie de 18,9%, au lieu de +2,4% un trimestre auparavant, portée par la hausse des achats de biens alimentaires, manufacturés et de services de transport, de restauration et de loisirs. La consommation des administrations publiques aurait, pour sa part, progressé de 5,3%, au lieu de +6,2% un trimestre plus tôt, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement administratif. L’investissement brut se serait, également, consolidé de 5,5%, au lieu de +4,1% le trimestre qui précède, dans le sillage du raffermissement de l’équipement en produits manufacturés et immobiliers. 

Avec HCP