Inflation: gap entre les données statistiques et le ressenti

Si les statistiques macro-économiques indiquent une maîtrise du risque inflationniste, les recensements faits chez les ménages plaident le contraire… 

Selon la dernière note de conjoncture du HCP, au premier trimestre 2021, les prix à la consommation auraient progressé de 0,1% en glissement annuel, au lieu de +0,4% un trimestre plus tôt et +1,4% un an auparavant. Cet apaisement des tensions inflationnistes aurait été favorisé par la baisse de 1,2% des prix des produits alimentaires, attribuable notamment au repli des prix des produits frais et de la volaille. En revanche, les prix à la consommation du tabac et des huiles végétales auraient progressé, contribuant chacun pour 0,1 point à l’évolution de l’inflation globale. Pour leur part, les prix à la consommation des produits non-alimentaires auraient augmenté de 0,9%, au lieu de +0,4% un trimestre plus tôt. 

Cette évolution aurait résulté de l’ajustement à la hausse des prix des carburants et des lubrifiants, dans un contexte de retournement à la hausse des cours du pétrole au niveau international, après avoir baissé tout au long de l’année 2020. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix soumis à l’intervention de l’Etat et les produits à prix volatils, aurait connu une croissance de +0,5%, en glissement annuel, au premier trimestre 2021, au lieu de +0,2% au trimestre précédent, tirée également par la progression des prix des produits manufacturés.

Un ressenti différent… 

Néanmoins, et durant la même période, 74,9% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre 0,8% seulement qui ressentent leur diminution. Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, à moins 74,1 points, après avoir été de moins 74,7 points un trimestre auparavant et moins 82,8 points une année auparavant.

Au cours des 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter selon 64,0% des ménages contre 3,9 % seulement qui s’attendent à leur baisse. Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, se situant à moins 60,1 points, au lieu de moins 64,6 points enregistrés un trimestre auparavant et moins 82,6 points une année passée.