Crise du covid-19: un choc inédit depuis les années 1980

Annus horribilis pour l’économie, l’année 2020 a créé un choc sans précédent sur plusieurs secteurs au Maroc. Au niveau macroéconomique, le crash est historique. 

Compte tenu du choc inédit lié à la pandémie de la covid-19, l’économie marocaine est entrée en récession en 2020 et ce, pour la première fois depuis le début des années 80. Cette récession, estimée à 6,7%, est surtout liée à l’importante chute du rythme de croissance des activités non agricoles de 16% au deuxième trimestre, coïncidant avec le

confinement général de la population. Par ailleurs et dès fin mai et même préalablement au déconfinement pour certains secteurs, l’activité a marqué une reprise progressive, notamment au niveau de l’industrie, des BTP et du commerce. Force aussi de constater que des secteurs importants, qui représentent 31% de la valeur ajoutée totale, ont fait preuve d’une résilience importante en affichant des taux de croissance positifs

En effet et sur la base des derniers résultats des comptes nationaux trimestriels du HCP, l’économie nationale a enregistré une contraction de 7,1% en moyenne des quatre trimestres de l’année 2020 (4T-20) contre +2,5% en 2019, sous l’effet principalement du confinement mis en place face à la pandémie et des mesures de restrictions et

de limitations qui ont suivi. Cette situation est particulièrement liée à un recul important de la valeur ajoutée non agricole de -6,7% contre +3,8% en 2019. De son côté, et compte tenu de la succession de deux campagnes agricoles défavorables, la valeur ajoutée du secteur a enregistré une baisse de -8% aux 4T-20 au lieu de -5,8% un an auparavant. Le secteur de la pêche a enregistré une croissance de +3,5% contre +7,6%, ce qui a relativement limité la baisse de la valeur ajoutée du secteur primaire à -7% contre -4,6% aux 4T-19.

De son côté, la croissance de la valeur ajoutée du secteur secondaire s’est repliée de -5,6% contre +3,6% un an auparavant, découlant des contre-performances enregistrées au niveau du BTP (-8,8% contre +1,7%), des industries de transformation (-6,4% contre +2,8%) et de l’électricité et eau (-3,9% contre +13,5%). Par ailleurs, force est de constater une évolution positive au niveau des industries d’extraction (+5,2% contre +2,4%). Au niveau du secteur tertiaire, la contraction de l’activité a été plus prononcée avec une baisse de 7,4% contre +3,8% aux 4T-19. En effet, les pertes de croissance les plus importantes ont été enregistrées au niveau des secteurs du tourisme (-54,8% après +3,7%), du transport (-27,4% après +6,6%), du commerce (-11,7% contre +2,4%), des services rendus aux ménages et aux entreprises (-7,3% contre +4%) et, dans une moindre mesure, des télécommunications (-0,9% après +0,3%). 

Par ailleurs, d’autres secteurs plus résilients ou moins exposés aux effets de la crise sanitaire ont maintenu une croissance positive, notamment l’éducation et santé (+3,5% contre +2,4%), l’administration publique (+3,5% contre +5%) et les activités financières et assurances (+2,4% après +4,6%). Compte tenu de ces évolutions et de la baisse du poste impôts nets des subventions (-9,3% au lieu de +2% aux 4T-19), la croissance du PIB non agricole a reculé de -7% contre +3,5% en 2019. Quant au PIB nominal, il a enregistré un repli de 6,9%, laissant apparaître une légère hausse du niveau général des prix de 0,2% contre +1,4% aux 4T-19.