Edito géopolitique n°3: entre Jérusalem et Marbella il faut choisir ! (partie 2)

Au menu du jour : deuxième et dernière partie sur la question israélo-palestinienne. Ca va être du lourd puisqu’on parlera de « logos politique ». Alors attachez vos ceintures et allons droit au but.

Après avoir abordé les fondements de la nature organique des frontières israéliennes ainsi que les impératifs démographiques, place désormais à ce qui fonde toute forme d’hégémonie, à savoir l’hégémonie culturelle et intellectuelle.

Car si sur le champ de bataille, les israéliens ne se distinguent pas forcément par leur héroïsme (loin s’en faut), sur le terrain du logos c’est quand même des « Rocky Balboa » et ça il faut l’admettre.

Les deux idéologies dominantes du XXème siècle avaient pour ossatures intellectuelles des penseurs juifs, bien que des penseurs d’autres origines et confessions y ont également fortement contribué.

A gauche, ça va de Marx jusqu’à Georg Lukacs en passant par Gramsci, Trotsky, Rosa Luxemburg, … et la liste est longue. Sans oublier l’école de Francfort avec Adorno, Horkheimer, …

Côté libéral, ça va grosso modo de Ludwig Von Mises jusqu’à Milton Friedman. Il suffit de voir la liste des prix Nobel d’économie par origine ethno-confessionnelle pour s’en rendre compte : Paul Samuelson, Kuznets, Friedman, Solow, Markowitz, ….

Du point de vue métapolitique, le XXème siècle fut incontestablement un siècle juif.

Longtemps enfermé dans les « shtetlech » (pluriel de shtetl) et dans les ghettos d’Europe Centrale et de l’Est, le messianisme juif a pu grâce à la sécularisation, les migrations vers les pays occidentaux, et un soutien infaillible d’une diaspora déjà établie, s’ériger en messianisme idéologique (marxisme révolutionnaire) et en nationalisme conquérant (Sionisme), avec toujours en filigrane des soubassements religieux. Prisonnier d’une herméneutique et exégèse talmudiste totalement stérile, le « génie juif » comme on l’appelle a trouvé dans la modernité un terrain idyllique pour se déployer et s’incarner.

Quand même, il faut rappeler que les gars, leur credo depuis à peu près 2000 ans c’est « l’an prochain à Jérusalem ». Chez nous c’est plutôt « l’an prochain à Marbella » (ou Martil pour les moins fortunés). Encore, si à la place on mettait Cordoue, ca serait déjà un tantinet plus viril et vous aurez plus de volontaires (les Moorishs calmez-vous, je déconne … pour l’instant).

En ayant très rapidement investi le champ de la métapolitique mais également des sciences dures, des médias et de la finance, la diaspora juive a su à travers un ethno-tribalisme sécularisé et une solidarité organique, offrir à Israël une profondeur stratégique qui ne se mesure pas en km² ou en barils de pétrole, mais en réseaux politico-économiques, en Quotient intellectuel et en prix Nobel.

Chez nous, sur le terrain de l’hégémonie culturelle, on n’a tellement personne qu’on a Leila Slimani et Tahar Benjelloun. C’est vous dire l’espace sidéral qui nous sépare. 

Et comme l’a rappelé à juste titre mon infréquentable ami « Mo Le Mansplaineur » dans sa dernière chronique sur inactuel.ma : « Si comme le dit Shlomo Sand, le peuple juif fût inventé, quand allons-nous inventer le peuple palestinien ? », force est de constater qu’une identité et un logos politique ne se décrètent pas, mais se construisent par un dur labeur intellectuel et un vitalisme civilisationnel. De même que les lamentations n’ont jamais ramené un cadavre à la vie, des slogans et des hashtags ne sauraient occulter la faillite civilisationnelle que l’on vit depuis quelques siècles.

Est-il donc utile de rappeler que tous les facteurs de puissance (militaire, économique,…) ne sont que des modes d’expression matérialisés d’une suprématie intellectuelle et culturelle ? 

Alors contribuons, nous patriotes, à faire émerger ce logos politique et à enclencher la renaissance civilisationnelle de notre propre patrie, et laissant aux gauchistes les discours victimaires et misérabilistes.

Le contrat et le pacte social qui devrait donc nous lier, n’est pas celui qui lie les vivants, mais celui qui lie les morts, les vivants et les générations à venir. C’est dans notre enracinement et dans une modernisation instrumentale que réside notre salut !