Chroniques de Mo le Mansplaineur n°9: Make Afghanistan great again !

Mo est capillairement machiste. C’est ce que l’on appelle avoir la gueule de ses idées. En effet, je le retrouve pour notre rendez-vous de rentrée avec un look à la taliban. 

« Tu sais que je boycotte la marque qui s’est attaquée à la masculinité toxique en appelant les hommes à se balancer entre eux, les porcs balancent les porcs et se rasent grosso modo. Du coup, je me fais passer pour un hipster alors que je suis un néo-réactionnaire. Tu sais d’ailleurs comment on appelle le syndrome de la pilosité excessive ? l’hypertrichose ! Ça ne s’invente pas ces choses-là mon pote ! » 

« Tu reconnais être un tricheur alors ? » le taquinai-je 

« Mais nous sommes tous des tricheurs cher ami ! Le mensonge et la déception sont les deux mamelles de l’empire. De JFK au 11 septembre jusqu’au retrait d’Afghanistan »

Je commençais à deviner le thème du prêche par nos premiers échanges et je présume que vous aussi chers lecteurs. Le Khorassan de son nom médiéval (médiéval de moyen-âge c’est-à-dire l’époque d’avant la mutation génétique nous ayant donné les féministes aux cheveux bleus) étant le centre de celui-ci.

« Il y a trois types de mensonges, pour citer notre éminent spécialiste en eschatologie, les petits mensonges, les grands mensonges et le 11 septembre. Je te parle du 11 septembre parce que ce fût l’alibi funeste de l’invasion US de l’Afghanistan même si plus personne ne s’en souvient. Je me rappelle encore de ce jour que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître,

Aljazeera en ce temps-là
imposait ses diktats
Jusque sous nos fenêtres
Et si l’immense gabegie
Qui en sera le prix
fera exploser des mines
C’est là qu’on s’est connu

toi l’afghane qui criait famine
Et moi qui gobait tout

J’étais resté scotché devant la télé à revoir les deux avions faire tomber les trois tours. Les théories se sont enchaînées depuis et nous n’avons toujours pas compris le pourquoi du comment, la théorie des avions hologrammes n’étant d’ailleurs pas la plus ridicule. L’empire a toujours plusieurs coups d’avance. 60 ans à essayer de comprendre JFK, 20 ans à essayer de comprendre le 11 septembre et quand nous comprendrons la Covid, l’antéchrist sera déjà là, mark my words !

Ils étaient allés chercher Ben Laden, l’ancien allié contre les soviets, devenu un mélange de Thanos, du professeur Moriarty, de Dark Vador, du Joker et d’Hannibal Lecter. Ce même Ben Laden dont on jettera le corps (?) à la mer selon le célèbre rite islamique découvert par Obama afin de sceller le changement d’alliance et permettre aux anciens d’Al Qaïda, redevenus des combattants de la liberté sous l’appellation Al Nosra, de faire du bon boulot en Syrie pour citer le génial Laurent Fabius. Le terrorisme étant une marchandise dont il suffit de changer le nom pour faire oublier son historique à des masses incultes et lobotomisés. 

On ne peut comprendre l’Afghanistan sans comprendre sa géographie et ses frontières modernes. Le pays est très montagneux, c’est littéralement Space Mountain sans Mickey Mouse. Difficile donc de créer un sentiment national entre des populations séparées par des kilomètres de montagne et aux ethnies nombreuses. Le ring road construit par la coalition pour connecter toutes les grandes villes du pays a coûté 3 milliards de dollars et n’a été ni vraiment complété ni entretenu. L’Afghanistan est ainsi un territoire plus dur à tenir qu’à oppresser. Les militaires qui se retrouvent dans ses vallées au service de l’empire comprennent vite que marchander avec les talibans où les rejoindre est un pari nettement meilleur sur l’avenir (www.washingtonpost.com/world/2021/08/15/afghanistan-military-collapse-taliban). Ses frontières modernes ont été dessinées (à grands coups de guerres et non pas avec les jolis crayons de couleurs de ma fille) entre 1886 et 1896 et sont la résultante d’une série d’accords entre les russes, les anglais et les perses. Les frontières Durand, tout comme les accord Sykes-Picot, imposant des frontières arbitraires et portant en elle ontologiquement les germes de conflits futurs. On retrouve ainsi une scission entre peuples pachtoune et baloutche parfois même au milieu des villages et quand les talibans passent de l’Afghanistan au Pakistan, ils passent littéralement du salon à la cuisine (www.thediplomat.com/2017/06/why-is-afghanistan-the-graveyard-of-empires/).

L’Afghanistan sera ainsi un émirat de 1823 à 1926, une monarchie de 1926 à 1973 puis une république de 1973 à 1978 avant la révolution communiste cette année-là (aha aha).

 Les soviets envahiront ensuite l’Afghanistan en 1979, appâtés dans cette démarche par les américains qui de l’aveu même de Zbigniew Brzezinski (voyelles, consonnes, des chiffres et des lettres) avait écrit une note au président Carter pour l’avertir que l’assistance clandestine aux opposants du régime de Kaboul allait entraîner une intervention militaire soviétique. C’est Rambo III qui fait la connaissance des moudjahidines de Ben Laden et fraternise avec eux dans l’anticommunisme. 

Les américains, depuis 2011, ayant pris le relais des empires successifs s’étant casser les dents dans ce territoire. J’aimerais ainsi te dire que les américains ont été chassé par les talibans mais c’est un calcul bête et méchant de l’état profond américain qui préfère laisser le pays à ces derniers tout en leur faisant promettre, peut-être, de continuer la culture du pavot que les talibans pré-2001 avaient eu la mauvaise idée d’arrêter. La résistance des talibans (des étudiants à la base, Haibatullah Akhundzada, étant un érudit musulman) aura largement contribué à cette décision malgré tout. Ils se retrouvent ainsi à la tête d’un joli pactole de 85 Billions de dollars en armement. Cadeau de l’oncle Joe. Et qui sont les cocus de l’histoire ? les féministes et autres woke inter-cisgenre qui ont cru que les américains étaient allés là-bas pour aider les femmes afghanes et instaurer la démocratie, la vaste blague ! En parlant de blague d’ailleurs, connais-tu celle de la féministe qui dirige une ONG et qui revient en Afghanistan après l’intervention américaine et qui se réjouit que les hommes afghans laissent marcher les femmes devant alors qu’elles avaient l’habitude de marcher derrière eux avant de voir une femme libérée exploser sur une mine antipersonnel ? 

Tu peux être sûr que les seuls pronoms utilisés dorénavant en Afghanistan seront lui, lui, lui et ensuite peut-être elle. Pas de xey ni de zim ni de hir à Kaboul. On pourrait d’ailleurs rêver d’une conférence de Jordan Peterson à l’université de Kaboul lui qui a été persécuté à l’université de Toronto pour son refus d’utiliser ces mêmes pronoms ? ».

« Tu vas vraiment trop loin dans la provocation » le coupais-je 

« Je sais que tu fais semblant de protester pour te désolidariser de mes propos et que tu serais le premier à aller assister à cette conférence ». 

« Les médias occidentaux se sont offusqués du retrait américain en nous montrant des scènes de panique en direction de l’aéroport sans se demander pourquoi était-ce principalement des hommes. Quand un pays change de régime, on règle les comptes des anciens collabos (terminologie du nouveau régime) non ? Brassens ne regrettait-il pas les cheveux des femmes tondues à la libération qui couchaient avec le roi de Prusse et à qui l’on a tondu le crâne rasibus ? 

Ces mêmes médias encouragent les gentils peuples autochtones à accueillir dorénavant voire même à rapatrier (les mots n’ayant plus aucun sens) les migrants afghans. La candidate à la primaire écolo affirmant sans cligner des yeux qu’avoir des terroristes en France permettrait de les surveiller. Un peu comme avoir l’amant de sa femme à la maison permet de l’empêcher de coucher avec elle en dehors des heures du bureau.  Nietzsche lui-même n’avait pas imaginé ce degré de nihilisme !

Pour conclure, je te propose d’appeler cette chronique « make Afghanistan great again » en hommage au slogan de campagne de Trump à qui l’on n’aurait jamais ni permis ni pardonné ce retrait. Ce slogan est une forme de nostalgie pour le passé de tous les peuples y compris le peuple Afghan. Espérons que les talibans réaliseront cela à moins qu’ils ne meurent tous du covid, il ne me semble pas que les gestes barrières fassent partie de leurs priorités ».

Pour ma part, amis lecteurs, j’ai juste envie de me faire oublier, j’ai honte de ce que j’écris, j’ai honte !

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