Chronique de Mo le Mansplaneur: stopper le 490 en jouant le 442, c’est forcément hors-jeu

Il faut savoir qu’à la base Mo est un romantique. Il a vu 100 fois « coup de foudre à Notting Hill », 200 fois « love actually » et peut citer Julia Roberts dans le texte et en VO. Seulement Mo est passé depuis par la broyeuse des rapports hommes-femmes et ses joyeuses répercussions sur la santé morale et physique d’un homme n’ont plus de secrets pour lui.

Il a ainsi découvert qu’avoir une excroissance au niveau du bas-ventre faisait de ce dernier un coupable par contumace (que tu masses ou que tu ne masses pas d’ailleurs) dans la gynécocratie mondiale actuelle et qu’à moins de se la couper en mode Pierre Abélard, il fallait revoir sa vision du monde de fond en comble. Voilà pourquoi Mo mansplain dorénavant. Mansplainer le monde pour ne pas devenir fou, le comprendre et le pénétrer conceptuellement faute de mieux. 

Autant dire que plonger dans un tel cerveau malade se fait à la Haroun Tazieff, à ses risques et périls. Je vais faire ce plongeon pour vous dans ces chroniques, chers lecteurs, afin de vous prémunir d’un tel danger et autant vous prévenir tout de suite, ça va zouker chez les féministes !

Mo a des lectures explosives si j’en crois sa bibliothèque et lors de mon dernier café avec lui, il m’a cité –toute honte bue- Julius Evola qui avance apparemment (vous pensez bien que je ne suis pas allé vérifier) dans « métaphysique du sexe » que la nature propose dans son infinie richesse toutes les configurations possibles de la relation entre un homme et une femme. Du manchot empereur monogame à la mante religieuse dévoreuse d’amants, Dieu fait étalage du domaine des possibilités et nous invite à faire un choix, celui de descendre vers les dédales des instincts les plus primitifs ou celui de magnifier cet instinct en sentiment amoureux et en construction d’un couple, d’une tribu, d’une perpétuation de ce dépassement onirique. 

Il était aussi tout content d’avoir acquis le dernier Jordan Peterson et ses nouvelles règles de vie et me lisait à voix haute la première de ses règles, « Ne jamais dénigrer négligemment les institutions sociales ». 

« Vois-tu me dit-il, nos féministes marocaines s’attaquent à l’article 490 qui pénalise les relations hors mariage et s’attaquent ainsi indirectement aussi à l’institution du mariage. Même l’amour courtois duquel elles se réclament, s’entretenait entre une dame en laquelle se personnifiait la volonté exogamique d’un prince ou d’un roi et un chevalier exclu de ce changement de paradigme. L’amour courtois avait pour champ la marge d’un mariage religieux et sacré. 

Le mariage en tant qu’institution est ainsi le fruit d’une longue et laborieuse construction et quitte à vouloir faire fi de ce compromis entre les deux stratégies reproductives différentes des hommes et des femmes, quitte à vouloir ouvrir la boîte de Pandore –et je te prie de faire attention à la symbolique de ce mythe- et libérer la force destructrice de l’hypergamie féminine et du désir des hommes d’avoir un accès illimité à une sexualité illimitée, autant se préparer à en assumer lourdement les conséquences. 

Historiquement et politiquement, la société telle qu’elle est construite est le résultat d’un échange entre une gauche qui nous dit comment le monde devrait être et une droite qui nous dit le monde tel qu’il est. Si cette échange se passe bien nous obtenons une société où la norme permet de construire sur un compromis tout en intégrant les possibilités de changement du fait du caractère entropique de toute édification humaine. Laisser le champ libre à une seule de ces forces c’est accepter la guerre de tous contre tous que nous étions censés arrêter lors de l’apparition du libéralisme en tant que mouvement pacificateur puisque c’était cela son alibi. Qualifier cet édifice de patriarcat tyrannique est la preuve d’un manque de connaissance inouï de tout ce qui fait notre spécificité d’être humain ». 

Je suis ici devant le dilemme de tout auteur car je sens que mon personnage prend la main mise sur le discours de cette chronique et j’en suis extrêmement effrayé. Autant arrêter tout de suite cette première chronique et stopper ce torrent de haine misogyne. En espérant qu’il se sera calmé d’ici la prochaine chronique.  Prenez soin de vous !