Chronique de Mo le Mansplaineur n°2: l’avortement, ou le hacking moderne de l’hypergamie

« As-tu déjà entendu parler d’une chirurgienne qui a épousé un caissier BIM ? » c’est par cette question rhétorique que Mo me répond quand je lui dis que je n’avais pas bien compris ce qu’il entendait par hypergamie féminine.  « Tu auras toujours un simp pour avancer que sa femme l’a épousé alors qu’il faisait les poubelles derrière la villa de son beau-père me dit-il mais comme disait ma prof de français au CP, cela s’appelle l’exception qui confirme la règle, Je regrettais déjà ce dernier café pré-couvre-feu ramadanesque mais j’éprouve une fascination mêlée de curiosité à l’égard de Mo, un peu comme Tyler Duren dans Fight Club. « Nous sommes une génération d’hommes élevés par des femmes, je ne suis pas sûr qu’une autre femme soit la solution ». N’est-ce pas ?!

D’un point de vue évolutionniste, nous nous sommes éloignés des chimpanzés il y a 6 millions d’années justement grâce (?) à cette hypergamie. En effet, pour que le mâle dominant chez les chimpanzés impose son patrimoine génétique, il doit chasser les autres mâles, les femelles chimpanzés n’étant pas particulièrement regardantes quand elles sont en chaleur alors que chez les êtres humains, c’est le gorille à l’entrée du restaurant qui s’occupe de chasser les bêtas. 

Pour reprendre l’expression de Jordan Peterson, c’est la nature qui se manifeste à travers une femme qui vous rejette car ce qu’elle dit vraiment c’est « tu n’es pas si mal comme ami mais je ne vois aucune raison pour que ton patrimoine génétique se perpétue ».  Le rôle principal d’une femme est ainsi de rendre l’homme conscient de lui-même. C’est ce que décrirait le livre de la Genèse car quand Eve donne la pomme à Adam et qu’il la croque, la première chose qu’il réalise est qu’il est nu c’est-à-dire qu’il a tout à faire, tout à prouver. 

Mo me demanda de lui prêter mon smartphone et installa Tinder sur ce dernier. « Tu veux te sentir comme notre premier ancêtre ? vas-y swipe cher ami swipe ! on s’appelle plus tard pour le débrief ». C’est vrai que l’on se sent particulièrement nu sur Tinder, 1 match en 48 heures et encore les règles de bienséance ne me permettent pas de décrire ce match, disons simplement qu’il était plus pourri que le Maroc-Burundi où l’on ne voyait même pas le ballon à la télé. Mo avait pour sa part créé un faux profil féminin avec un ours pour seule photo de profil, le bilan ? 20 matchs pendant la même période. Je commençais à saisir ce qu’était cette fameuse hypergamie et ce qu’elle impliquait, des bêtas en chaleur encore moins difficiles que les femelles chimpanzés et 80% des hommes invisibles (on en parle de cette « invibilisation, chers gauchistes ?) pour les femmes sur les applications de rencontre selon des données Google très sérieuses. 

Il parait que des conférenciers tiennent des heures sur cette notion d’hypergamie et ses implications socio-économiques. Pour l’instant ce qui m’intriguait et qui finira d’achever les courageuses féministes qui me lisent encore est la chose suivante : Mo explique en partie le débat sur l’avortement par le biais de l’hypergamie.

En effet, pour ce frapadingue, l’hypergamie est une stratégie reproductive car vous imaginez bien que la femme bloquée dans sa caverne pendant 9 mois et au-delà ne pouvait se permettre de prendre le risque de porter le bébé d’un flinstone incapable de ramener de la nourriture et qui passe ses soirées à peindre des mammouths sur les parois des grottes. Seulement on peut tromper quelquefois ce filtre sélectif. L’avortement est donc ultimement le droit de supprimer le patrimoine génétique d’un candidat qui a réussi à tromper le radar hypergamique. Demander le prolongement du droit à l’avortement comme le font actuellement certaines féministes en France c’est un peu demander le droit de prolonger le CDD d’un candidat à l’embauche. Patronat et féminisme, même combat !

Quitte à être dans le grand n’importe quoi, Mo me cite Jaafar dans Aladdin pour clore notre conversation téléphonique à ce sujet : « connais-tu la règle d’or demande Jaafar à Aladdin ? Les princesses adorent les princes qui ont de l’or ».